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La moitié des entreprises sont déjà plus transparentes sur les salaires, mais il reste du travail

De plus en plus d’entreprises en Belgique font preuve de transparence concernant les salaires. C’est ce que révèle une vaste enquête menée par l’expert RH Acerta, en collaboration avec Indiville et Bpact, auprès de plus de 600 entreprises. Pourtant, tout le monde n’est pas encore prêt pour les nouvelles règles européennes sur la transparence salariale.

Environ la moitié des entreprises (49,6 %) partagent déjà des informations sur les salaires des collègues. C’est plus que l’année dernière, où ce chiffre était encore plus bas. On observe toutefois des disparités régionales : en Flandre, seules 4 entreprises sur 10 communiquent des informations salariales, contre environ 5 sur 10 en Wallonie et même 6 sur 10 à Bruxelles.

Pas encore toutes les infos lors des recrutements

Lors des entretiens d’embauche, la clarté sur les salaires fait encore souvent défaut. Seules 44 % des entreprises indiquent ce que gagnent les collègues occupant une fonction similaire. Cela devra bientôt changer : les nouvelles règles européennes obligent les entreprises à être transparentes à ce sujet.

Note positive : 2 entreprises sur 3 expliquent déjà les règles relatives aux augmentations et aux promotions.

Les grandes entreprises en tête

Les grandes organisations sont généralement plus avancées en matière de transparence salariale que les petites entreprises. Elles disposent plus souvent de structures salariales claires et utilisent des études pour comparer les salaires avec le marché. Les petites entreprises travaillent souvent de manière moins structurée et accordent parfois des augmentations de façon spontanée.

Selon Mélina Krantz, experte juridique chez Acerta, c’est logique. Elle précise : « La transparence des salaires va au-delà de la simple publication de chiffres. » Les entreprises doivent avoir des règles claires et pouvoir expliquer les éventuelles différences.

De nouvelles règles arrivent

La directive européenne doit être transposée dans la législation belge au plus tard le 7 juin 2026. L’objectif est de réduire l’écart salarial entre hommes et femmes. Les entreprises seront tenues d’être claires sur les salaires de départ, les barèmes et les opportunités d’évolution.

Pourtant, tout le monde n’est pas encore préparé. Plus de la moitié des entreprises doivent encore prendre des mesures. Par exemple, près de la moitié (49,7 %) des employeurs demandent encore aux candidats leur ancien salaire, ce qui sera bientôt interdit.

L’argent reste un sujet délicat

Pourquoi les entreprises ne vont-elles pas plus loin ? En grande partie à cause du flou entourant les nouvelles règles. Plus de la moitié des employeurs ne savent pas encore exactement ce que les autorités exigeront. De plus, l’argent reste un sujet sensible : 61,7 % des employeurs affirment que le salaire est encore tabou au sein de l’organisation.

Mélina Krantz avertit que les entreprises ne doivent pas attendre trop longtemps : « Les employeurs prennent déjà des mesures prudentes, mais ils doivent maintenant évoluer vers une transparence structurelle dans les mois à venir s’ils veulent être en règle avec la future loi.»

Les travailleurs ne savent pas tout non plus

Les travailleurs ne sont pas toujours bien informés non plus. Ils ignorent souvent comment les salaires sont déterminés ou quelles sont les règles pour obtenir une augmentation. C’est frappant, car 63 % des employeurs affirment offrir un salaire égal pour un travail de valeur égale.