En 2026, le télétravail reste une composante essentielle du paysage professionnel en Belgique. Pourtant, de plus en plus d’entreprises instaurent des règles plus strictes concernant la présence au bureau. C’est ce que révèle une étude menée par le prestataire de services RH Acerta, en collaboration avec Indiville et le panel citoyen Bpact, auprès de plus de 600 entreprises et 2 000 travailleurs.
Selon l’étude, 9 entreprises belges sur 10 employant plus de 10 travailleurs autorisent le télétravail, un chiffre stable par rapport à l’année dernière. Toutefois, tous les collaborateurs ne peuvent pas en bénéficier. Plus de la moitié d’entre eux (54 %) déclarent ne pas pouvoir travailler à domicile dans la pratique, un chiffre en légère hausse.
Le télétravail est particulièrement ancré dans les grandes entreprises : plus de 94 % des organisations employant plus de 250 travailleurs l’autorisent. Dans les petites structures employant moins de dix travailleurs, cette proportion est nettement inférieure.
Selon l’experte Maria Ferritto (Acerta), c’est principalement lié au type de fonction. « Beaucoup d’organisations ne l’autorisent que pour les fonctions qui s’y prêtent, tandis que les travailleurs ayant des tâches sur le terrain ou des rôles opérationnels doivent, eux, être physiquement présents. Cela se reflète également dans les chiffres : 9 travailleurs manuels sur 10 ne peuvent jamais télétravailler, tandis que cette proportion descend à 4 sur 10 chez les employés », explique-t-elle.
Les entreprises fixent plus souvent les règles elles-mêmes
Bien que le télétravail reste fréquent, la politique au sein des entreprises devient plus stricte. De plus en plus d’employeurs déterminent eux-mêmes les jours de présence obligatoire au bureau.
Le nombre d’entreprises imposant ces jours est passé de 8,2 % en 2025 à 13,4 % en 2026. Parallèlement, le nombre d’entreprises où les travailleurs choisissent librement leurs jours de télétravail diminue.
Le nombre de jours de présence obligatoire augmente également. 16,6 % des employeurs obligent désormais leur personnel à être au bureau au moins 4 jours par semaine. Le modèle classique reste toutefois le plus populaire : deux ou trois jours au bureau et le reste à domicile. Selon Maria Ferritto, cette approche plus stricte s’observe principalement dans les grandes entreprises.
Le mardi et le jeudi : jours préférés au bureau
L’étude montre également que les travailleurs se rendent au bureau principalement le mardi et le jeudi. Environ trois quarts d’entre eux se déplacent ces jours-là.
Le lundi et le mercredi suivent de loin. Le vendredi est clairement le jour le moins prisé : moins de la moitié des travailleurs se rendent sur leur lieu de travail ce jour-là.
La plupart des travailleurs sont satisfaits
La majorité des travailleurs sont satisfaits de l’équilibre actuel entre domicile et bureau. Environ 65 % jugent l’organisation actuelle satisfaisante. Seuls 5 % souhaiteraient venir plus souvent au bureau, tandis que 30 % aimeraient télétravailler davantage.
Les employeurs sont également majoritairement satisfaits (63 %). Cependant, plus d’un quart des entreprises aimeraient que les travailleurs reviennent plus fréquemment au bureau à l’avenir.
Selon Maria Ferrito, il reste crucial d’évaluer régulièrement les règles de télétravail. « Il est logique et nécessaire que les accords relatifs au travail hybride soient régulièrement évalués dans chaque entreprise séparément. Le contexte social a changé, les organisations évoluent en permanence et les besoins spécifiques des travailleurs changent également. Le défi reste de parvenir à des accords clairs et réalisables qui soutiennent l’efficacité, la coopération et l’implication.»
