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Un travailleur sur trois risque le burn-out

Près d’un travailleur sur trois en Belgique est exposé à un risque accru, voire très élevé, de burn-out. C’est ce que révèle une nouvelle étude menée par UGent@Work, en collaboration avec le panel citoyen Bpact. Au total, 31 % des travailleurs sont concernés. Pour 17 % d’entre eux, le risque est accru, et pour 14 %, il est même très élevé.

Ces chiffres sont préoccupants. Axana Dalle, chercheuse en économie du travail, ne constate d’ailleurs guère d’amélioration. « Ces résultats sont pratiquement identiques à ceux de 2022 concernant la satisfaction au travail, ce qui signifie qu’aucun progrès n’a été réalisé dans ce domaine. »

De grandes disparités entre les régions

Le risque n’est pas le même partout en Belgique. En Flandre, 28 % des travailleurs se trouvent dans la zone à risque. En Wallonie, ce chiffre s’élève à 36 % et à Bruxelles, il atteint 44 %. Les travailleurs âgés de 35 à 49 ans courent un risque plus élevé.

Selon Axana Dalle, les entreprises de Bruxelles et de Wallonie investissent également moins dans la prévention et l’accompagnement. Il peut s’agir, par exemple, de formations sur le stress ou d’autres mesures visant à améliorer le bien-être des travailleurs.

Les travailleurs attribuent une note de 6,9 sur 10 à leur bien-être

Pourtant, les travailleurs évaluent leur bien-être mental au travail à 6,9 sur 10 en moyenne. Le sentiment que leur travail a du sens obtient notamment une note élevée. Dans le même temps, seuls 18 % des travailleurs se disent vraiment satisfaits de leur emploi.

L’organisation du travail joue également un rôle. Près de la moitié des travailleurs déclarent devoir effectuer des tâches qu’ils jugent inutiles ou qui pourraient être organisées plus simplement. Ces frustrations peuvent être source de pression supplémentaire.

Seuls 4 travailleurs sur 10 se sentent soutenus par leur employeur

Selon les chercheurs, la prévention reste un point d’action important. Seuls 4 travailleurs sur 10 estiment que leur employeur déploie suffisamment d’efforts pour prévenir les troubles mentaux ou accompagner les travailleurs en difficulté.

Selon le professeur Stijn Baert, c’est là que réside une part importante de la solution. « On accorde à juste titre beaucoup d’attention à l’accessibilité de l’assurance maladie et à la réintégration après une maladie, mais les maillons intermédiaires ne bénéficient pas d’une attention suffisante pour garantir un retour au travail durable. »

Pourquoi les travailleurs restent-ils malgré tout à leur poste ?

Force est de constater que les travailleurs belges restent relativement longtemps chez le même employeur, même s’ils ne sont pas entièrement satisfaits. Près de 46 % d’entre eux occupent le même poste depuis 10 ans ou plus. Selon Stijn Baert, les avantages acquis grâce à l’ancienneté n’y sont pas étrangers.

Il parle de « cage dorée » : un changement d’emploi peut entraîner la perte de certains avantages. C’est pourquoi les travailleurs restent parfois plus longtemps à un poste qui ne leur convient pas vraiment.

Selon les chercheurs, ces nouveaux chiffres montrent que le burn-out n’est pas un problème qui disparaît de lui-même. Il reste nécessaire d’accorder davantage d’attention à la prévention, d’améliorer l’organisation du travail et d’assurer un accompagnement suffisant sur le lieu de travail.