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Autant d’hommes que de femmes cumulent deux emplois

Un nombre record de travailleurs belges ont aujourd’hui plus d’un emploi. Fait marquant : pour la première fois, la proportion d’hommes et de femmes ayant un second emploi est parfaitement identique (6,1 %). Alors que les femmes optent plus souvent pour un flexi-job salarié, les hommes privilégient une activité indépendante à titre complémentaire. C’est ce qui ressort d’une étude d’Acerta et d’Indiville, basée sur les chiffres d’Eurostat et les données du panel citoyen Bpact.

Une analyse récente d’Acerta, s’appuyant sur les chiffres d’Eurostat, révèle que la Belgique figure dans le top 5 européen des pays comptant le plus de « cumulards ». Avec 6,1 % de travailleurs combinant deux emplois, notre pays n’est devancé que par le Danemark, les Pays-Bas, la Finlande et l’Estonie. Il s’agit d’une hausse de près de 11 % par rapport à l’année dernière et d’une augmentation de près de 50 % au cours des dix dernières années.

Rattrapage des femmes

Ces dernières années, les femmes en particulier ont opéré un fort mouvement de rattrapage. Alors que la proportion d’hommes avec un second emploi a augmenté de 38,6 % en dix ans, celle de femmes a bondi de 56,4 %.

« Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les personnes choisissent d’exercer un deuxième emploi. Elles souhaitent, par exemple, disposer de plus de marge financière, mettre à profit et développer d’autres talents qu’elles n’utilisent pas dans leur activité principale, ou encore alterner un travail physiquement exigeant avec une fonction plus sédentaire », explique Amandine Boseret, experte chez Acerta.

Flexi-jobs versus activité complémentaire

La nature du second emploi varie fortement selon le sexe :

  • Les femmes choisissent plus souvent un second emploi salarié, comme un flexi-job. Ce statut est avantageux sur les plans fiscal et social.
  • Les hommes optent plus souvent pour une activité indépendante à titre complémentaire, notamment grâce à l’abaissement des seuils d’accès à l’entrepreneuriat.

Croissance attendue en 2026

Cette tendance devrait se poursuivre en 2026. En effet, à partir du 1er juillet 2026, les flexi-jobs seront étendus à tous les secteurs. Selon une enquête d’Acerta et d’Indiville, un travailleur sur cinq est intéressé par un flexi-job, tandis que près de 10 % des employeurs prévoient d’y recourir pour la première fois l’année prochaine.

Toutefois, les experts mettent en garde contre le revers de la médaille. « La combinaison de deux emplois entraîne une complexité accrue », souligne Amandine Boseret. « Il est donc important que l’employeur comme le travailleur évaluent avec un regard ouvert les avantages et les inconvénients de tels choix, tant sur le plan financier que pratique. »