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Une majorité de Belges ne considèrent plus les États-Unis comme un allié

De nombreux Belges ont moins confiance dans les États-Unis qu’auparavant. C’est ce que révèle l’Enquête Nationale, une étude à grande échelle menée par l’ULB et l’Université d’Anvers, à la demande de la RTBF, de VRT NWS et du Standaard. Ils ont eu recours au panel citoyen Bpact pour la collecte des données. Selon l’enquête, la moitié des Belges considèrent désormais les États-Unis comme un adversaire. Seuls 10 % considèrent encore les Américains comme des alliés.

Le politologue Stefaan Walgrave, qui a participé à cette étude, parle d’une évolution marquante. Selon lui, on observe une grande méfiance à l’égard des États-Unis.

Inquiétudes concernant la politique américaine

L’étude a été réalisée peu après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. D’autres événements ont pu jouer un rôle, tels que la hausse des prix de l’énergie et les critiques à l’égard de la politique étrangère du président américain Donald Trump.

Force est de constater que la Chine est considérée comme un adversaire par moins de Belges que les États-Unis. Pourtant, seul un petit groupe qualifie la Chine d’allié. De nombreux répondants adoptent une position neutre à l’égard de ce pays.

Parallèlement, une majorité de Belges s’inquiètent au sujet de la Chine. Près de 6 répondants sur 10 pensent qu’une attaque chinoise contre Taïwan est probable dans un avenir proche.

Les Belges se sentent en sécurité en Europe

Malgré les tensions internationales, de nombreux Belges se sentent relativement en sécurité. Seule une petite minorité pense que la Belgique fera l’objet d’une attaque militaire directe.

Selon Stefaan Walgrave, cela tient à la situation géographique de la Belgique. De nombreux Belges estiment en effet que notre pays est protégé par les pays européens voisins.

Soutien à une Europe plus forte

Les résultats montrent également que de nombreux Belges souhaitent que l’Europe devienne moins dépendante des États-Unis. Plus de 80 % estiment que l’Europe doit être totalement autonome sur le plan militaire.

Cette position se reflète également sur le plan économique. Face à l’augmentation des droits de douane imposée par les États-Unis, une majorité de répondants estiment que l’Union européenne doit prendre des contre-mesures fermes.

Par ailleurs, près de 90 % des personnes interrogées pensent que les États-Unis ne doivent pas intervenir dans les affaires intérieures de la Belgique.

L’OTAN reste populaire

Bien que la confiance dans les États-Unis soit en baisse, le soutien à l’OTAN reste important. Environ 80 % des Belges estiment que notre pays doit rester membre de cette alliance militaire.

Selon les chercheurs, de nombreux Belges considèrent l’OTAN avant tout comme un bouclier de protection européen et non comme un instrument des États-Unis.

La Russie reste le principal adversaire

Parmi toutes les grandes puissances mondiales, c’est la Russie qui est le plus souvent perçue comme un adversaire. Une large majorité de Belges considèrent le pays du président Vladimir Poutine comme une puissance hostile.

L’enquête met également en évidence des différences entre les groupes politiques. Les électeurs du PTB sont les plus critiques à l’égard des États-Unis, mais ils se montrent en même temps moins négatifs que les autres envers la Chine et la Russie.

Les chercheurs concluent que les relations internationales influencent de plus en plus la façon dont les Belges perçoivent la sécurité, l’économie et l’Europe.